CLOWN SCULPTEUR DE BALLON PARIS : INTERVIEW

J’ai une petite question. Dans ce cas, je vais te donner une petite réponse.
Comment l’idée de sculpter des ballons t’es venue ? Au départ, je suivais des stages de clown de théâtre chaque week-end. De nature curieux, de fil en aiguille, mon parcours artistique m’a amené au ballon. Parce que entre les clowns et les ballons, c’est une véritable histoire d’amour !
Comment as-tu démarré ton activité ? J’avais besoin d’air. Après le covid, j’ai mis la musique dans la rue, et réalisé des figures très simples gratuitement, surtout des chiens. Rapidement, c’était la foule, j’étais encerclé, ahhhh ! Au secours ! A ma grande surprise les gens se montraient généreux, j’ai compris que cet art plaisait vraiment.
Pourquoi t’es un clown ? Les clowns aiment bien les enfants, alors je suis au rendez-vous. Au fond de soi, on ne choisit pas d’être clown, on l’est sans le vouloir, peut-être la vie le décide pour nous, en fonction de notre histoire personnelle.
Comment as-tu appris à sculpter les ballons ? Ca se transmet de clown en clown, à l’abri des regards indiscrets. De jour en jour on peut s’améliorer. Si chaque jour tu poses une pierre, dans quelques années tu auras construit un château incroyable ! Il faut en rater beaucoup pour en réussir un (celui qui ne se trompe pas est celui qui ne fait rien, et puis se tromper c’est aussi une façon différente de faire les choses).
Tu viens du cirque ? L’univers du cirque m’a toujours fasciné étant enfant. Ce volet ne fait pas partie de mon parcours, je laisse le cirque aux spécialistes du cirque. Quoi qu’il en soit, chacun peut apporter à sa façon un esprit circassien au quotidien, et aucune porte n’est fermée. On sait d’où l’on vient, mais on ne sait pas toujours où l’on va. Quand rien n’est prévu, tout devient possible !
Quelles qualités faut-il pour exercer ton activité ? Au delà de l’aspect technique, il faut avant tout aimer les gens, la dimension humaine est capitale. Faire rêver, apporter fantaisie et magie est ma principale source de motivation. Il est important de garder son âme d’enfant également, n’oublions pas que les adultes d’aujourd’hui sont les enfants d’hier. Désapprendre, se déformater pour retrouver sa spontanéité, son côté joueur, un proverbe chinois dit : « celui qui n’a plus l’âge de s’amuser, n’a plus l’âge de vivre. »
Ton métier n’est pas trop difficile ? Parfois j’ai un coup de pompe, mais ce n’est pas trop gonflant. A mémoriser toutes les figures, j’ai l’impression que ma tête va exploser comme un ballon ! Parfois 6 heures d’affilée avec un public passionné, c’est vraiment intense ! Quand on n’aime, on ne compte pas, mais autant ne pas abuser des bonnes choses. C’est pourquoi, je tente d’alterner entre quantitatif et qualitatif, il faut doser et trouver un juste milieu.
T’es un vrai clown ? Et toi, t’es un vrai enfant ? 🙂
Merci beaucoup pour cette interview. De rien beaucoup ! Au revoir beaucoup !
